Par Fabien 7 juil. 2022
En collaboration avec Cédric et Jean-Sébastien

De la poule aux nuages – Étude de cas d’un poulailler connecté

Depuis les derniers mois, notre collègue Cédric (Directeur IoT et Industrie 4.0) a une mission très claire: nous faire comprendre que l’IoT fait partie de notre vie quotidienne, parfois même sans qu’on s’en aperçoive. Il suffit d’ajouter «intelligent» ou «connecté» à un autre mot et le tour est joué.

Ça peut sonner farfelu, mais on peut même aller jusqu’à parler de poulailler connecté. On en a un excellent exemple chez Uzinakod grâce à notre collègue Jean-Sébastien (Architecte IoT), qui est également producteur d’œufs en parallèle.

Est-ce aussi simple de connecter son poulailler que des écouteurs sans fil? Pas exactement! Après tout, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Mais ce n’est pas non plus si compliqué.

Voici comment il y est parvenu.

IoT - Poulailler connecté - Poules

L’entreprise

Avant d’aller plus loin, mettons-nous un peu plus en contexte. Jean-Sébastien est copropriétaire d’une entreprise maraîchère biologique en démarrage. Le poulailler compte pour l’instant sept poules pondeuses, mais il est conçu pour en accueillir jusqu’à 25. Une cinquantaine de poulets fait aussi partie de l’équation.

Les objectifs principaux seront de produire entre 10 à 15 paniers de légumes par semaine pour éventuellement diversifier l’offre en incluant des œufs et du poulet (lorsque les règlements le permettront).

L’ajout de dispositifs IoT viendrait aider les copropriétaires de l’entreprise dans leur croissance en améliorant certains processus, notamment liés à la réservation et à la distribution des paniers.

La recette

Comme en cuisine, avant de se lancer dans la préparation d’un plat, il vaut mieux avoir les bons ingrédients sous la main.

Dans le cas du processus d’innovation IoT, la recette va comme suit:

  • Identifier les experts
  • Identifier les défis ou les irritants
  • Trouver des idées pour régler chacun des irritants
  • Établir une preuve de concept
  • Obtenir de la rétroaction et élargir le périmètre du projet
  • Mettre en production

Les experts

Un projet IoT peut difficilement se réaliser seul. Il faut donc en premier lieu identifier les principaux spécialistes qui y seront impliqués. Ces derniers, par leur approche pratique, sauront apporter des idées pour trouver des solutions aux problématiques soulevées.

Dans l’exemple du poulailler, il y a bien sûr les copropriétaires de l’entreprise. En tant que gestionnaires, ils connaissent bien les processus en place, les besoins actuels et les visées futures de l’entreprise.

Arrive ensuite le spécialiste IoT, représenté par Cédric. Il accompagne le client et s’assure de bien comprendre les besoins pour proposer les meilleurs compromis.

À la discussion s’ajoute également un agronome, pour tout ce qui a trait au volet maraîcher, mais aussi à la connaissance des lois qui régissent le développement biologique.

Évidemment, lorsqu’on travaille avec des animaux, il va de soi de faire appel à un vétérinaire pour s’assurer de leur bien-être et de leur état de santé. Il agit aussi à titre consultatif pour toute autre question que les copropriétaires pourraient avoir.

Les défis ou irritants

En IoT, il n’existe pas de one size fits all. On doit prendre le temps de lister chaque besoin, chaque problématique reliée et les répercussions qui y seront associées, qu’elles se mesurent en temps, en argent ou même les deux.

On pourra ensuite émettre des pistes de solutions.

Quelques exemples du poulailler:

  • La température: elle peut avoir un impact sur les opérations en matière de ponte d’œufs, de consommation de nourriture, bref de bien-être animal de manière générale.
  • Le bon rationnement en nourriture: une consommation trop faible ou trop importante peut influencer le niveau de stress des poules, donc la production d’œufs du même coup.
  • Le rendement réel par œuf: en fin de compte, il est important de savoir combien coûte un œuf pour mesurer l’efficacité des opérations et se comparer au marché.

Des mesures possibles

Qui dit IoT dit utilisation de données. Et bonne nouvelle: ces dernières sont bien souvent à disposition, sans même qu’on ne le sache!

Il y a beaucoup de données dans les applications d’affaires (ERP), des bases de données ou même des fichiers Excel au sein des entreprises. Il ne restera qu’à identifier celles qui sont nécessaires pour répondre à chacune des problématiques.

On voudra également évaluer le niveau de difficulté requis pour récupérer ces données. C’est une étape importante pour assurer un bon ratio efforts/retour sur investissement (ROI).

Quel genre de données peut-on aller chercher au niveau d’un poulailler? La réponse courte: tout plein! Cela dit, ça n’a pas besoin d’être complexe. Voici quelques exemples:

  • La quantité de nourriture
  • La température à l’intérieur et à l’extérieur du poulailler
  • Le niveau et la température de l’eau
  • Le contrôle de l’éclairage et du chauffage
  • L’ouverture automatique des portes vers la basse-cour

Un exemple plus complexe serait d’étudier le comportement des animaux, possible en installant des caméras avec des fonctions d’intelligence artificielle. Un domaine de recherche en soi, quoi!

IoT - Poulailler connecté - Preuve de concept

La preuve de concept

Une fois les défis et irritants identifiés ainsi que des mesures proposées, il reste à établir une preuve de concept.

Chaque projet vient avec ses contraintes. Considérant cela, il est préférable de s’en tenir à l’essentiel et de ne pas inutilement complexifier cette étape.

Les contraintes du poulailler connecté étaient principalement au niveau du budget, du nombre d’heures limité à y consacrer et du contexte de production artisanale/familiale. Le bien-être animal devait être au cœur de chacune des décisions.

Dans le cas du poulailler, le choix de la solution s’est concentré autour de capteurs de base pour la température, le niveau d’eau ainsi que la mise en fonction automatique de l’éclairage et du chauffage.

Une caméra Cisco Meraki a également été ajoutée pour profiter principalement du stockage intégré et de sa connexion au Cloud sans aucun besoin de développement additionnel. Un gros coup de pouce pour accélérer le rythme du projet!

Tout ça sans oublier un dernier «détail» et non le moindre: toutes les granges ne sont pas forcément branchées à internet!

La rétroaction

La preuve de concept a-t-elle atteint les objectifs? C’est le moment de le valider avec les indicateurs de succès prédéfinis et de s’ajuster au besoin.

Si c’est un succès, on peut mettre le tout en production et commencer un nouveau mini projet. Sinon, on retourne à la planche à dessin, ne serait-ce qu’en ajoutant quelques capteurs au plan initial, sans tout effacer.

Les résultats

Pendant la période de rodage du poulailler (entre janvier et juin 2022), seulement 1620 kWh d’électricité ont été consommés, représentant une facture d’environ 120$.

Les poules ont consommé entre 90 et 125 grammes de nourriture chacune par jour et ont pondu entre 6 ou 7 œufs quotidiennement.

Petite surprise: la caméra a permis de détecter la présence de rongeurs. Les poules n’étaient donc pas seules à manger la nourriture, ce qui explique une consommation plus élevée en début de projet (avant cette découverte). Une source de gaspillage en moins!

Également, trois alertes (initialement configurées sur le tableau de bord) ont été envoyées pour informer du bas niveau d’eau ou de l’interruption du chauffage.

Les améliorations possibles

C’est davantage au niveau de la saisie d’informations que des pistes d’améliorations ont été émises.

Pour simplifier la première preuve de concept, les quantités de nourriture consommée et d’œufs produits étaient entrées manuellement dans des fichiers Excel.

Des solutions pour améliorer ces processus:

  • Nourriture: Ajouter une pesée automatisée sur les mangeoires
  • Œufs:
    • Option plus complexe: Combiner de l’intelligence artificielle et de la vidéo
    • Option plus simple: Ajouter un formulaire pour saisir la quantité d’œufs, relié au bon logiciel
IoT - Poulailler connecté - Tableau de bord

La mise en production

La preuve de concept était un processus rapide où l’on cherchait principalement à valider le bon fonctionnement des mesures d’amélioration. Lors de la mise en production, on apportera une attention particulière à la sécurité des données pour s’assurer d’avoir entre les mains une solution robuste et à l’abri des attaques.

On mettra également les dernières retouches pour augmenter les performances et permettre à la solution d’être évolutive advenant une croissance des besoins (par exemple: si le nombre de poules pondeuses passe de 7 à 25).

Conclusion

Le poulailler connecté de Jean-Sébastien nous prouve une chose: l’IoT n’est pas réservé aux grandes entreprises travaillant sur des projets hautement technologiques.

Des projets avec des besoins simples sont tout à fait envisageables lorsqu’on est entourés des bons spécialistes. Grâce à son expertise en IoT et en Industrie 4.0, Uzinakod peut vous fournir tout l’accompagnement nécessaire en plus de vous faire bénéficier de son grand réseau de partenaires du domaine.

S’il est possible de connecter un poulailler, pensez à ce que vous pourriez faire au sein de votre entreprise. Qu’elle œuvre dans le milieu du commerce de détail, dans le domaine manufacturier ou même dans celui de la santé, l’IoT peut s’adapter pour répondre à ses besoins particuliers et à sa réalité.

Vous avez reconnu votre entreprise à la lecture de cette étude de cas? N’hésitez pas à nous contacter pour discuter de votre projet.

Et pour finir, la question qui brûle toutes les lèvres: combien un œuf coûte-t-il? La réponse de Jean-Sébastien est directe:

«Ça, c’est notre secret!»

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